Lundi 9 novembre 2009
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Note : L'article que vous allez lire est une première version d'une critique beaucoup plus analytique qui sera publiée dans une
prochaine MAJ du site Eïgagogo.
Réalisation : Masato Harada
Scénario : Masato Harada, d'après une histoire originale de Takuya Nishioka
Avec : Gô Hiromi (Shûji), Mariko Ishihara (Hitomi), Kazuya Kimura (Tetsuo), Reiko Najô (Yumiko), Koichi
Sato (Yoshimasa), Daisuke Shima (Mashiba), Rikiya Yasuoka (Kiuji), Akira Emoto (Katô), Kimiko Yô (Michi), Yoshio Harada (Joe) et Yuya Uchida
(l'inspecteur en uniforme)…
Shûji est porte-flingue pour un chef yakuza. Un jour, il décide d’épargner sa cible. Si on le blâme pour ce manquement au travail, la situation s’empirera quand il retrouve la sœur de son
défunt meilleur ami et que des sentiments, qu’il avait crû disparu, refont surface…
Un film longtemps culte parce qu’il a inspiré, avec le Narazumono de Teruo Ishii, le classique relativement surestimé
The Killer de John Woo. Mais on y retrouve surtout son amour pour le film noir et la culture américaine qu’il connaît très bien (son premier film Goodbye
Flickmania était une déclaration d’amour à son maître Howard Hawks), donnant ainsi un charme existentialiste qu’on retrouve chez de grands cinéastes comme Michael Mann, Takashi Ishii,
Kiyoshi Kurosawa, James Gray, Nicolas Winding Refn, Abel Ferrara (en gros, mes cinéastes préférés !)…
Mais le grand charme de ce petit bijou est qu’on y retrouve déjà les fondamentaux du cinéma d’Harada ; le loup solitaire (Shûji dans ce film, Dunson dans Goodbye Flickmania,
Kantake dans Kamikaze Taxi), le jeune chien fou (Tetsu dans Heartbreak, mais aussi Tatsuo dans Kamikaze Taxi), le cruel félon (Kato et Kiuji
dans Heartbreak et Dômon dans Kamikaze), le tueur dangereux (le jeune frère punk Kiuji et le froid Mashiba dans Heartbreak et Animaru dans
Kamikaze). Mais surtout, on y retrouve une très forte mélancolie, une humanité prégnante… Bref, on a affaire un véritable chef d’œuvre, même si son auteur pense le
contraire !
Le casting est des plus impressionnants ; outre Gô Hiromi et l’actrice controversée Mariko Ishihara (qui joue, malgré tout, son plus beau rôle, comparé au désastre du film live de
Maison Ikkoku/Juliette, je t'aime), on y trouve la belle Reiko Nanjô (qui devait incarner le rôle d’Hitomi et qui verra son rôle développé en conséquences), le
jeune loup Kazuya Kimura qui deviendra plus tard le tueur Jirô dans la série pour la vidéo Tough, Koichi Satô en yakuza tout droit sorti d’un Mad Max,
Daisuke Shima (mais si, le ranger rouge dans Bioman 3 !) en tueur sinistre, l’imposant Rikiya Yasuoka en caïd trouillard, Akira Emoto en lieutenant corrompu et traitre, Yoshio
Harada en patron de boite de nuit, Kimiko Yô en cheftaine yakuza qui dirige une partie d’Hanafuda, Yuya Uchida en agent en uniforme jouant du
chewing-gum sous la chaussure…
Mais la meilleure idée du film est tout ce parallèle à Tom Sawyer et aux autres personnages de Mark Twain. Une idée qui rajoute au romantisme du film. Mais d’autres références viennent peupler le
film ; Edward Hopper (les scènes de bar sont tirés du magnifique Nighthawks), Elmore Léonard (l’un des bad-guys lit le roman City Primeval/La
Loi de la Cité), le titre japonais du film n’est autre que le titre japonais d’Adieu ma Jolie de Chandler…
Le film fût sorti en France en VHS chez l’éditeur Powder (sous le titre de La Loi du Yakuza) dans une collection de films japonais 80’s. Le problème étant qu’il est Pan&Scan
bien recadré, qu’il a un doublage des plus pas terribles ! (Gô Hiromi avec la 2ème voix de Donatello des Tortues Ninja et sa partenaire avec la voix de Bart
Simpson et de Paméla dans Max et Cie), mais surtout, il est coupé de ses génériques (début et fin), mais surtout de ses 6 premières minutes… ! Mais heureusement que
L’Étrange Festival 2003 l’a projeté lors d’une mini-rétrospective consacrée au cinéaste.
Le film est enfin disponible en DVD chez l’éditeur Cinema Epoch, à qui l’on doit la très belle édition de Conte de la Mélancolie et de la Tristesse de Seijun Suzuki (jusqu’à
présent disponible dans une édition DVD Z3 exécrable) et surtout l’inédit au Japon Yellow Fangs co-réalisé par Sonny Chiba et Kinji Fukasaku (le gros fiasco qui a contraint Chiba
à revendre son école de cascadeurs, la Japan Action Club). Un moyen de ne plus se complexer de n’avoir le coffret hors-de-prix et indisponible avec les 11 films de Gô Hiromi (dont le fameux
Sang du Dragon de Toru Murakawa, mis en musique par Francis Lai).
Et puisque je vous aime bien, (malgré le fait que personne ne laisse de commentaires sur ce blog…), je vous mets, si-dessous, des photos d’exploit’ du Sang du Dragon.