Après plusieurs mois d'attente, j'ai décidé, à l'occasion du Japanese Blogathon organisé par mon ami Michael du site Wildgrounds, de reprendre du poil de la bête en continuant la liste de mes films japonais préférés et en faisant ce que devrait être le blog ; une sorte de carnet de notes pour mes futurs films.
Bon, passons et je livre une nouvelle fournée de 4 films (désolé d'avoir annoncer précédemment 5 films alors qu'il y en avait que 4). J'espère vous donner envie de découvrir ces petits bijous chérs à mon coeur :
Ryuji (Toru Kawashima - 1983)
Un jeune acteur de théâtre qui désespère de trouver un rôle au cinéma, décide de prendre les taureaux par les cornes en faisant lui-même ce film que lui refusent les studios. Il s’appelle Shoji Kaneko. Il est scénariste à ses heures perdues et a un grand amour pour le cinéma Yakuza. Il choisi d’en écrire un. Ce sera le portrait sensible d’un jeune mafieux, fraîchement sorti de prison, qui souhaite rester dans le droit chemin, par amour pour sa femme et sa fille. Un film fragile à l’image de l’acteur-scénariste, condamné par un cancer auquel il succombera une semaine après la sortie du film. Comparé à un Rocky (le film d’Advilsen s’étant fait pratiquement dans les mêmes conditions et raconte plus ou moins la même histoire, à des degrés différents), le film marque par une habitation à la lisière de l’Actor Studio (pour capter le rôle et l’univers dépeint, l’acteur a réellement intégré un clan yakuza) et un casting impressionnant (notamment la kawai-chupi Momo – rien à voir avec votre serviteur – la véritable fille de l’acteur). Un non-polar qui a le mérite et la réussite d’être un portrait des plus émouvants (le québécois L’Audition de Luc Picard en est l’héritage le plus probant).
1er Visionnage : Maison de la Culture du Japon.
Rainy Dog
(Miike)
Si j’aurai aimé mettre des films comme Dead or Alive 2 (un des plus beaux films de yakuza post-Kitano), Agitator (le plus bel hommage jamais réalisé à Yusaku Matsuda), Scars of the Sun (un des vigilante-movies les plus intelligents jamais réalisés depuis Death Sentence et les polars de Kiyoshi Kurosawa - cf, la 2nde partie de la liste), je ne pouvais, de Miike, que choisir ce road-movie noir entièrement situé à Taipei. Sorte de Baby Cart moderne, on suit l’errance de Yûji, tueur à gages exilé qui reçoit, un jour, la visite d’une ancienne compagne qui lui présente ce qui semble être son fils. Muet, le petit garçon souffre en silence du désintérêt apparent de celui qu’il considère déjà comme son vrai père. Finalement, le temps faisant bien les choses, les deux solitudes, auquel s’ajoute une jolie prostituée au grand cœur, formeront enfin une vraie famille. Takashi Miike n’a jamais été aussi bon que dans le film noir, ni meilleur qu’en dirigeant Shô Aikawa (Zebraman, les Dead or Alive). Il y signe le deuxième volet d’un triptyque baptisée "trilogie du Marché Noir", consacrée à la pègre japonaise et ses liens avec Taiwan, commencée avec son premier film pour le cinéma Shinjuku Triad Society/Les Affranchis de Shinjuku (hommage à Cruising de Friedkin et vision moderne d’Abel et Caïn entre un flic enragé et son frère avocat de la mafia) et terminée avec Ley Lines/la Loi de la Rue (entre Les 400 Coups, Les Princes de la Ville de Taylor Hackford et le cinéma de Scorsese). Amoureux du cinéma taïwanais, Miike prend dans son casting des acteurs fidèles d’Hou Hsiou-Hsien dont il emprunte le rythme lent et mélancolique. À l’image de Nicolas Rœg avec Venise sur Ne vous Retournez pas !, il montre un Taipei mortifère, pluvieux et triste. Un très beau film, dont la fin inspirera à Tarantino sur son post-modernisme Kill Bill, la très belle scène entre la Mariée et Nikki Green après le combat contre "Copperhead".
1er Visionnage : DVD Anglais.
The Prey (Kôji Wakamatsu - 1979)
Si Wakamatsu a tourné un des meilleurs biopics musicaux (Endless Waltz) ; LE film définitif sur la révolution japonaise (United Red Army), les pamphlets politiques les plus impressionnants (la plupart des ses films, L’Extase des Anges en tête) et produit ce qui est considéré comme le plus grand film porno de l’histoire (L’Empire des Sens), Wakamatsu n’aura jamais autant brillé que quand il signe son premier film pour la Toeï avec un Yuya Uchida, magnifique en rock-star revenu d’un long exil aux Etats-Unis pour essayer de promouvoir le reggae, musique de liberté et de contestation. Mais il se retrouve devant une société courant à sa perte. Des producteurs de musique produisant de la soupe (les pop-idols) et trafiquant de la drogue pour leurs investisseurs étrangers, une ancienne compagne devenue elle-même junkie. Il trouvera de l’espoir à travers la musique et surtout, l’amitié d’un jeune punk livreur de laits, un ancien combattant et sa petite-fille, une jolie étudiante. Wakamatsu a un amour sincère envers les marginaux, les exclus de la société et l’utilisation de la musique reggae (principalement le groupe anglais Matumbi) permet au cinéaste de dresser un portrait suffoquant, mais empreint d’humanisme, du Japon de l’avant-crise. Un film noir chaleureux qui réussit avec le reggae le même exploit que The Big Wednesday de John Milius avec le surf, sorti la même année ; nous passionner le temps d’un film à une mode qui n’intéresse qu’un certain nombre.
1er Visionnage : VHS Japonaise.
Typhoon Club (Shinji Somai - 1985)
1985, John Hugues lance un grand pavé dans la mare avec son chef d’œuvre Breakfast Club où l’on suit cinq étudiants d’horizons différentes en retenus un samedi, pour aboutir à une des plus grandes réflexions sur ce parcours du combattant qu’est l’adolescence. Au même moment, de l’autre côté du Pacifique, un jeune cinéaste de génie, Shinji Somai, tourne un des plus beaux films érotiques jamais réalisés. Mais il a déjà l’expérience de la jeunesse avec son premier film The Tonda Couple, émouvante comédie sentimentale sur les premiers amours, puis son plus culte Sailor Suit & Machine Gun, fausse comédie d’action, mais véritable charge virulente (au même titre que Les 400 Coups de Truffaut), mais également PP-Rider, transposition japonaise d’Attention, les Enfants regardent ! de Serge Leroy. Mais décide, pour son cinquième film, de reprendre le canevas du film de Hugues pour aboutir un film encore plus acerbe. Il remplace la journée de retenu par une nuit de typhon. Si le film américain donne un constat amer mais positif, le film nippon est plus pessimiste. Mais le message demeure tout aussi positif, mais profondément radical. Telle une pièce de théâtre respectant la règle des trois unités (Temps, Lieu et Action), Typhoon Club applique une violente montée en crescendo à mesure que la nuit dans cette salle de classe avance jusqu’au petit matin des plus tragiques. Un tour-de-force pas facile, mais exécuté d’une main-de-maître.
1er Visionnage : Maison de la Culture du Japon
Voila ! A bientôt pour de nouvelles découvertes...
Bullet
Ballet
Kamikaze Taxi
Revenge : A Visit from Fate
Le Vagabond de Tokyo
Love Hôtel (Shinji Somai –
1985)
Le Cimetière de la Morale
The Man who stole the Sun
The Beast must Die !
Gonin
A Homance