Top Liste

Lundi 15 juin 2009


Après plusieurs mois d'attente, j'ai décidé, à l'occasion du Japanese Blogathon organisé par mon ami Michael du site Wildgrounds, de reprendre du poil de la bête en continuant la liste de mes films japonais préférés et en faisant ce que devrait être le blog ; une sorte de carnet de notes pour mes futurs films.

Bon, passons et je livre une nouvelle fournée de 4 films (désolé d'avoir annoncer précédemment 5 films alors qu'il y en avait que 4). J'espère vous donner envie de découvrir ces petits bijous chérs à mon coeur :


Ryuji (Toru Kawashima - 1983)

Un jeune acteur de théâtre qui désespère de trouver un rôle au cinéma, décide de prendre les taureaux par les cornes en faisant lui-même ce film que lui refusent les studios. Il s’appelle Shoji Kaneko. Il est scénariste à ses heures perdues et a un grand amour pour le cinéma Yakuza. Il choisi d’en écrire un. Ce sera le portrait sensible d’un jeune mafieux, fraîchement sorti de prison, qui souhaite rester dans le droit chemin, par amour pour sa femme et sa fille. Un film fragile à l’image de l’acteur-scénariste, condamné par un cancer auquel il succombera une semaine après la sortie du film. Comparé à un Rocky (le film d’Advilsen s’étant fait pratiquement dans les mêmes conditions et raconte plus ou moins la même histoire, à des degrés différents), le film marque par une habitation à la lisière de l’Actor Studio (pour capter le rôle et l’univers dépeint, l’acteur a réellement intégré un clan yakuza) et un casting impressionnant (notamment la kawai-chupi Momo – rien à voir avec votre serviteur – la véritable fille de l’acteur). Un non-polar qui a le mérite et la réussite d’être un portrait des plus émouvants (le québécois L’Audition de Luc Picard en est l’héritage le plus probant).

1er Visionnage : Maison de la Culture du Japon.

Rainy Dog (Miike)

Si j’aurai aimé mettre des films comme Dead or Alive 2 (un des plus beaux films de yakuza post-Kitano), Agitator (le plus bel hommage jamais réalisé à Yusaku Matsuda), Scars of the Sun (un des vigilante-movies les plus intelligents jamais réalisés depuis Death Sentence et les polars de Kiyoshi Kurosawa - cf, la 2nde partie de la liste), je ne pouvais, de Miike, que choisir ce road-movie noir entièrement situé à Taipei. Sorte de Baby Cart moderne, on suit l’errance de Yûji, tueur à gages exilé qui reçoit, un jour, la visite d’une ancienne compagne qui lui présente ce qui semble être son fils. Muet, le petit garçon souffre en silence du désintérêt apparent de celui qu’il considère déjà comme son vrai père. Finalement, le temps faisant bien les choses, les deux solitudes, auquel s’ajoute une jolie prostituée au grand cœur, formeront enfin une vraie famille. Takashi Miike n’a jamais été aussi bon que dans le film noir, ni meilleur qu’en dirigeant Shô Aikawa (Zebraman, les Dead or Alive). Il y signe le deuxième volet d’un triptyque baptisée "trilogie du Marché Noir", consacrée à la pègre japonaise et ses liens avec Taiwan, commencée avec son premier film pour le cinéma Shinjuku Triad Society/Les Affranchis de Shinjuku (hommage à Cruising de Friedkin et vision moderne d’Abel et Caïn entre un flic enragé et son frère avocat de la mafia) et terminée avec Ley Lines/la Loi de la Rue (entre Les 400 Coups, Les Princes de la Ville de Taylor Hackford et le cinéma de Scorsese). Amoureux du cinéma taïwanais, Miike prend dans son casting des acteurs fidèles d’Hou Hsiou-Hsien dont il emprunte le rythme lent et mélancolique. À l’image de Nicolas Rœg avec Venise sur Ne vous Retournez pas !, il montre un Taipei mortifère, pluvieux et triste. Un très beau film, dont la fin inspirera à Tarantino sur son post-modernisme Kill Bill, la très belle scène entre la Mariée et Nikki Green après le combat contre "Copperhead".

1er Visionnage : DVD Anglais.

 

The Prey (Kôji Wakamatsu - 1979)

Si Wakamatsu a tourné un des meilleurs biopics musicaux (Endless Waltz) ; LE film définitif sur la révolution japonaise (United Red Army), les pamphlets politiques les plus impressionnants (la plupart des ses films, L’Extase des Anges en tête) et produit ce qui est considéré comme le plus grand film porno de l’histoire (L’Empire des Sens), Wakamatsu n’aura jamais autant brillé que quand il signe son premier film pour la Toeï avec un Yuya Uchida, magnifique en rock-star revenu d’un long exil aux Etats-Unis pour essayer de promouvoir le reggae, musique de liberté et de contestation. Mais il se retrouve devant une société courant à sa perte. Des producteurs de musique produisant de la soupe (les pop-idols) et trafiquant de la drogue pour leurs investisseurs étrangers, une ancienne compagne devenue elle-même junkie. Il trouvera de l’espoir à travers la musique et surtout, l’amitié d’un jeune punk livreur de laits, un ancien combattant et sa petite-fille, une jolie étudiante. Wakamatsu a un amour sincère envers les marginaux, les exclus de la société et l’utilisation de la musique reggae (principalement le groupe anglais Matumbi) permet au cinéaste de dresser un portrait suffoquant, mais empreint d’humanisme, du Japon de l’avant-crise. Un film noir chaleureux qui réussit avec le reggae le même exploit que The Big Wednesday de John Milius avec le surf, sorti la même année ; nous passionner le temps d’un film à une mode qui n’intéresse qu’un certain nombre.

1er Visionnage : VHS Japonaise.

 

Typhoon Club (Shinji Somai - 1985)

1985, John Hugues lance un grand pavé dans la mare avec son chef d’œuvre Breakfast Club où l’on suit cinq étudiants d’horizons différentes en retenus un samedi, pour aboutir à une des plus grandes réflexions sur ce parcours du combattant qu’est l’adolescence. Au même moment, de l’autre côté du Pacifique, un jeune cinéaste de génie, Shinji Somai, tourne un des plus beaux films érotiques jamais réalisés. Mais il a déjà l’expérience de la jeunesse avec son premier film The Tonda Couple, émouvante comédie sentimentale sur les premiers amours, puis son plus culte Sailor Suit & Machine Gun, fausse comédie d’action, mais véritable charge virulente (au même titre que Les 400 Coups de Truffaut), mais également PP-Rider, transposition japonaise d’Attention, les Enfants regardent ! de Serge Leroy. Mais décide, pour son cinquième film, de reprendre le canevas du film de Hugues pour aboutir un film encore plus acerbe. Il remplace la journée de retenu par une nuit de typhon. Si le film américain donne un constat amer mais positif, le film nippon est plus pessimiste. Mais le message demeure tout aussi positif, mais profondément radical. Telle une pièce de théâtre respectant la règle des trois unités (Temps, Lieu et Action), Typhoon Club applique une violente montée en crescendo à mesure que la nuit dans cette salle de classe avance jusqu’au petit matin des plus tragiques. Un tour-de-force pas facile, mais exécuté d’une main-de-maître.

1er Visionnage : Maison de la Culture du Japon

Voila ! A bientôt pour de nouvelles découvertes...

Par Momotaro
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Mercredi 3 septembre 2008

Me revoila avec ma liste de mes films que je considère comme représentatifs de ma vision du cinéma Japonais. Voici la deuxième partie !

Bullet Ballet (Shin'ya Tsukamoto - 1998)
Tsukamoto demeure le chantre du Cyberpunk à la Japonaise (Tetsuo 1 & 2) et du Fantastique en général, mais quand il s’attaque au Polar avec cette plongée en eaux troubles de la maniaquerie des armes à feu. A l’origine, Tsukamoto voulait simplement raconter (évoquer plutôt) la jeunesse violente où l’on n’hésite plus à s’attaquer à un petit vieux sans aucuns scrupules (voir la suffocante première scène de Violent Cop et l’impressionnant Sun Scarred de Takashi Miike). Traumatisé par les livres de photos de Larry Clark (on oublie qu’avant d’être cinéaste, il est un des meilleurs photographes) et par Taxi Driver du duo Scorsese/Schrader, Tsukamoto signe un état des lieux Kafkaïen où se mêlent un salary-man (joué par le cinéaste lui-même) hanté par le suicide inexplicable de sa femme, un gang de jeunes nihilistes (plus ou moins l’héritage décadent des Zokus des 70’s/80’s) et un ancien combattant aigri. Un véritable choc des générations orchestré d’une main de maître et de fer (connaissant le cinéma de Tsukamoto, c’est le cas de le dire).
1er Visionnage : Canal+.

Kamikaze Taxi
(Masato Harada - 1994)
Longtemps attendu par chez nous (comme Gonin, Swallowtail Butterfly et bien d’autres), Kamikaze Taxi est un peu l’équivalent 90’s de The Man who stole the Sun. Fourre-tout cinématographique au service d’un propos engagé et intelligent. Ou quand le Yakuza-Eïga façon Fakasaku rencontre le Road-Movie à la Wenders sur fond de musique andine. Kôji Yakusho, qui n’apparaît qu’assez tardivement dans le film, est impressionnant de stoïcisme zen en taxi "pied-noir" japonais (Je m’explique : il est Japonais du Pérou comme il y a les Français d’Algérie). Kazuya Takahashi est terrible en petite frappe sombrant dans la vengeance, la jolie Reiko Kataoka (décidément indispensable dans tout polar 90’s qui se respecte ; Onibi le Démon, Deux Voyous, les deux Black Angel et Gonin 2), Mickey Curtis en tueur implacable, mais humain et aussi Taketoshi Naitô, grandiose en politicard facho, misogyne, sadique et révisionniste (que des qualités). Des acteurs attachants, une réalisation sans failles, un parti-pris intelligent, non seulement Masato Harada signe son film le plus abouti de sa carrière (qui n’avait que peu de ratés), mais réalise un des meilleurs poèmes noirs jamais signés. Pas pour rien si Michael Mann s’en est inspiré pour son magnifique Collatéral.
1er Visionnage : Maison de la Culture du Japon.

Revenge : A Visit from Fate
/Revenge : The Scar that never Fades/Serpent’s Path/Eyes of the Spider (Kiyoshi Kurosawa - 1996/1997/1998)
Les gens ignorent que Kiyoshi Kurosawa a aussi œuvré dans le polar bien noir où il y explorera un des grands thèmes fondamentaux ; la vengeance. Tout commence avec sa comédie 893 Taxi où l’on suit un gang prêté main-forte à la compagnie de taxi d’un ami d’enfance du chef. Puis vient la série des A Bout de Souffle, mais surtout les deux Revenge (A Visit from Fate et The Scar that never Fades) que Kiyoshi K. se lâche dans un parti-pris plus noir, plus sombre, plus nihiliste. Le premier film est un hommage au cinéma des 70’s avec pour références Taxi Driver, Dirty Harry, Death Wish et le premier Mad Max (pour la narration). Puis, justement, il tourne dans la foulée le second Revenge où il réalise, comme Miller avec Mad Max 2, une suite faisant peau-neuve. De l’aveu de  Kurosawa, Ce diptyque est la véritable œuvre de transition dans sa carrière. Le premier est une œuvre référentielle alors que le second s’affranchi de toutes influences. Mais ce sera surtout avec Serpent’s Path qu’il accompli son chef d’œuvre. Mêlant séquestration, règlement de comptes entre mafieux, snuff-movie, pédophilie, Kiyoshi K. signe un film de colère, un des meilleurs films noirs jamais réalisés. Puis il tourne une suite alternative avec Eyes of the Spider où Kiyoshi K. nous parle des conséquences d’une vengeance accomplie sur un homme à la fois dur et faible (le film commence là où se termine en général un Vigilante-movie classique). Le film se rapproche du cinéma de Kitano pour en extraire une beauté brutale. Cette grandiose tétralogie est surtout marquée par l’interprétation sans failles de Shô Aïkawa, tour-à-tour flic aussi obsessionnel que lâche (Revenge 1), tueur à gages nihilsite (Revenge 2), mystérieux prof de maths (Serpent) et père dépréssif (Spider). Il reprendra ce rôle de vengeur dans le génialissime Sun Scarred de Takashi Miike.
1er Visionnage : Maison de la Culture du Japon.

Le Vagabond de Tokyo
(Seïjun Suzuki - 1966)
Suzuki est le créateur du Pop-Art Noir. Cela commence avec des films comme La Jeunesse de la Bête, Les Fleurs et les Vagues (film scénarisé par son propre directeur artistique), Les Vagabonds du Kantô, La Marque du Tueur et bien d’autres… Mais celui-ci demeure un très beau film sur le "Swinging Tokyo" des 60's. Véritable scopitone ambulant, le film est à la fois cool et amer, à l’image du "Phénix". Les acteurs sont toujours aussi formidables ; Tetsuya Watari est toujours aussi génial en tueur voulant tout plaquer, mais qui se retrouve confronter à la réalité du milieu (cela fait toujours bizarre de se dire que le Vagabond, cool et "honnête" et le nihiliste voyou du Cimetière soit joué par le même acteur, mais cela montre qu’il EST un des plus grands), la douce et charmante Chieko Matsubara est fabuleuse en chanteuse délaissée… Suzuki est définitivement un orfèvre concernant le cadre, la mise-en-scène, les situations, tout est parfait, même les défauts. Délire comic-book, tragédie cool, on a qu’une seule envie en voyant ce bijou absolu ; chanter avec Tetsu, cette belle chanson « Ahah Toookyôôôô Nagaaaremonoooo !!! ».
1er Visionnage : VHS Française.

Par Momotaro
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Lundi 28 juillet 2008


Les films les plus intéressants du genre sont ceux qui sortent de la norme. Deux réalisateurs sont considérés, aussi bien par la critique que par les amateurs, comme les meilleurs ; Tatsumi Kumashiro et Toshiya Fujita (en plus de Noboru Tanaka, Masaru Konuma et bien évidemment, Koji Wakamatsu). Si on y retrouve toujours quelques thématiques comme le viol, contrairement à un Hasebe, il n’y a aucune misogynie, ni complaisance dans le traitement. On peut rapprocher des films comme la trilogie de Fujita (La Lanterne Rouge/La Sœur Cadette/Virgin Blues), A Play of White Fingers de Toru Murakawa et bien d’autres (je laisse ça à mes amis d’Eigagogo) qui se rapprochent plus de la littérature (Kerouac, Ellis, Selby) ou bien d’un certain cinéma américain (Monte Hellman entre autres). En gros, le Roman-Porno est aussi une histoire de spleen, urbain de préférence…

Love Hôtel (Shinji Somai – 1985)  

Muraki est un éditeur au bord de la faillite. Pour survivre, il s’endette auprès d’un yakuza usurier. Ne pouvant honorer ses créances, le gangster se venge en violant sa femme. Désespéré de la vie, Muraki décide de mettre fin à ses jours. Mais avant de passer à l’acte, il décide de s’offrir une nuit érotique torride en se payant une prostituée. Cette rencontre va bouleverser son existence.


Prenez Shinji Somai à la réalisation, Takashi Ishii au scénario, Kazuhiko Hasegawa à la prod’, Kiyoshi Kurosawa comme assistant-réalisateur et on a droit à un des plus beaux Pinku de l’histoire. On y retrouve la marque de tous. Les plans-séquences de toute beauté, une ambiance mélancolique et noctambule, une dénonciation d’un certain milieu (l’héroïne est une aspirante actrice). Première scène ; un homme, lunettes de soleil, attend dans un love Hotel pour passer une nuit avec une professionnelle. Il prend cette dernière de force et lui met un vibromasseur dans son intimité (NDA : J’essaie de ne pas être vulgaire malgré le sujet). Ainsi, on a le droit à un hommage à Wakamatsu et à son classique Quand l’Embryon part braconner !, mais la suite est dans un style très différent. Somai s’empare, à bras-le-corps, du genre pour raconter une belle histoire d’amour. La scène où Nami avoue son amour pour Muraki au téléphone est plus qu’émouvante. La scène dure longtemps, mais beauté de la mise-en-scène et de l’actrice font qu’on y croit et qu’on est touché. La magnifique chanson de Momoe Yamaguchi "Yoru he" retranscrit très bien le spleen ambiant.
Un seul défaut (hormis les sacro-saintes floutages des parties), un épilogue certes magnifique, mais de trop, surtout après la magnifique scène d’amour finale où les deux solitudes ne font plus qu’un ! et c’est là toute la beauté du cinéma rose.

La Femme aux Cheveux Rouges (Tatsumi Kumashiro – 1979)

Kozo et Takao, deux ouvriers, s'amusent à violer la fille de leur patron. Mais leur vie va se transformer au contact d'une "femme aux cheveux rouges", qu'ils recueillent au bord de la route un jour de pluie.


Kumashiro tourne son chef-d’œuvre dans le Pinku avec ce magnifique road-movie où l’on suit deux camionneurs (Renji Ishibashi et Kai Ato) qui prennent en auto-stop une mystérieuse rouquine (Junko Miyashita) après avoir commis un viol au début du film. Le film est tiré d’un roman de Kenji Nakagami, auteur de The Youth Killer (adapté par Hasegawa, ancien assistant de Kumashiro) et Le Plan de ses 19 Ans (adapté par Mitsuo Yanagimachi). Le film est une sorte de version dépressive de la série Truck Yaro avec Bunta Sugawara et réalisée par Norifumi Suzuki où l’on suit les aventures truculentes d’un duo de camionneurs. Sauf que le côté truculent de la série produite par la Toeï est ici remplacé par l’aspect quasi-nihiliste des Roman-Pornos de l’époque (nous sommes en pleine vague Violent Pink - les fameux films de viol). Mais Kumashiro raconte surtout l’histoire d’un couple qui se forme dans la violence, s’aime dans la violence mais finira par aboutir à un cul-de-sac. La beauté de Junko Miyashita, le monolithisme de Renji Ishibashi (qu’on a connu plus expansif dans d’autres films), le côté road-movie et bien d’autres choses en font l’un des meilleurs Pinku (en plus la critique n’en dit que du bien).

Endless Waltz (Koji Wakamatsu – 1995)

L'Histoire d'amour tumultueuse entre le chantre du free-jazz Kaoru Abe et l'écrivain performeuse Izumi Suzuki jusqu'à leur mort tragique...

Koji Wakamatsu s’attaque à deux figures de la culture underground japonaise des années 70. Le saxophoniste Kaoru Abe et l’écrivain Izumi Suzuki. Si on a beaucoup comparé ce couple à Sid Vicious et Nancy Spungen pour le coté autodestructeur (Kaoru et Sid ont tous les deux succombé à l’héroïne alors que Izumi s’est suicidée et Nancy assassinée), Kaoru et Izumi tiendraient plus du couple Stravinsky/Chanel. Deux artistes qui se sont rencontrés, aidés et aimés. Leur rencontre se fera sur un malentendu, la jeune femme appelle au téléphone ce qu’elle croit être sa meilleure amie (elle s’est trompée sur un chiffre) et cela aboutira à une liaison passionnée (elle est volage, à la limite de la nymphomanie, de nature libérée et lui est introverti, épileptique et de nature violente), puis un mariage et un enfant (une fille). D’ailleurs la première scène est frappante puisque le film commence sur le suicide d’Izumi sous les yeux de sa fille sur une très belle version au saxo du traditionnel "Amazing Grace". Alternant scènes oniriques (le spectre de Kaoru scrutant les liaisons de sa femme) et scènes de concert (on est face à un couple entièrement dédié à leur art), le film montre sur un couple dont on ne sait si il est fait l’un pour l’autre ou non, tant il est évident qu’ils sont fusionnels sur tous les points, mais assez sauvages aussi. Une excellente scène est celle des retrouvailles du couple et Kaoru, revenant d’un concert, offrant à sa femme un poisson. Celle-ci l’accueille avec le sourire et finissent tous les deux au lit. Wakamatsu, ami personnel du free-jazzman, lui avait donné un caméo dans le tragique Serial Rapist. Il décide, non seulement, de lui rendre un bel hommage, mais signe surtout un de ses meilleurs films.


Kaoru Abe
 : 3 Mai 1949/9 Septembre 1978 -
Izumi Suzuki : 10 Juillet 1949/ ?? Février 1986

Liens vers les autres volets de la série :
- #1 : Esclavagisme & Domination (Nihon-Eiga)
- #2 : Des Fleurs et des Peaux (Epikt)
- #3 : Cocktails Sulfureux (Wildgrounds)
- #4 : Ninjas Lesbiennes VS Monstres Visqueux (Epikt)

A venir, la seconde partie de mon Top 30 de mes films japonais préférés...

Par Momotaro
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Lundi 14 juillet 2008
En l'honneur du cycle organisé par Michael sur Wildgrounds, j'ai décidé de faire mon top 30 des films japonais. Etant donné la masse de travail, j'ai décidé de le découper en 6 parties de 5 films.
Attention, je tiens à préciser quelques détails. Ces films ne concernent que moi. Et surtout, j’ai pour principe de ne jamais citer qu’un seul film par réalisateur dans ce genre de liste…

Le Cimetière de la Morale (Kinji Fukasaku - 1975) : Le chef d’œuvre absolu ! Fukasaku récupère Watari, le Tokyo Nagaremono de Suzuki et radicalise son image de marginal. Dans un tokyo qui pense ses plaies, un yakuza seul et abandonné doit se faire une place au soleil dans un monde de brutes. Véritable accumulation de climax, tout en étant une peinture lucide d’un milieu proche de la destruction, Fukasaku réussi à raconter en un seul film ce qu’il a mis plusieurs volets avec ses Yakuza Papers ; toute la déliquescence du code d’honneur.

1er Visionnage : Forum des Images (un grand choc de cinéma !)

The Man who stole the Sun
(Kazuhiko Hasegawa - 1979) : Le film apocalyptique par excellence ! Véritable fourre-tout cinématographique (les Toku japonais, le thriller catastrophe, le polar urbain, la comédie politique), cet OVNI, scénarisé par le regretté frère de Paul, Léonard Schrader, préfigure de très loin le Fight Club de Palahniuk et de Fincher (en plus d’avoir été inspiré par le Tokyo Fist de Tsukamoto). Kenji Sawada, impressionnant en prof fan de Bob Marley (le grand icône de la rébellion à l'état brut), de Tetsuwan Atom (Astro Boy en VF) et de base-ball. Bunta Sugawara en super-flic et la plus que charmante Kimiko Ikegami. Un film qui se doit impérativement d’être vu !

1er Visionnage : Dvd Japonais sous-titré anglais.

The Beast must Die !
(Toru Murakawa - 1980) : Grand fan du grand Yusaku que je suis, il me fallait vous cité un film du duo Matsuda/Murakawa. J’ai choisi le plus abouti de leur collaboration (même si je suis un grand amoureux de la trilogie des Yugi). Véritable Taxi Driver japonais, The Beast est un voyage au bout de la nuit sinistre… Matsuda, ayant perdu une vingtaine de kilos pour le rôle, est totalement habité. On y croit à sa souffrance sur le front. Les longs plans-séquences vous foutent la chair de poule. La mise-en-scène de Murakawa est plus qu’exemplaire. Un véritable chef d’œuvre méconnu qui mérite d’être reconnu.

1er Visionnage : VHS Japonaise louée sur Paris.


Gonin
(Takashi Ishii - 1995) : Ancien mangaka devenu scénariste de Roman-Porno, Takashi Ishii réalisera enfin ses rêves de mises-en-scène avec d’abord Rouge Vertige, 5ème volet de la série des "Angel Guts". Puis, après six autres films où il raconte avec brio la condition de la femme dans sa relation avec la violence, il tourne Gonin avec pour parti-pris de ne prendre que des hommes dans le casting. Sous ses oripeaux de film mainstream, Ishii tourne un des films les plus noirs jamais réalisés. Reprenant le pitch de l’Ultime Razzia de Kubrick ou des Hommes de Proie d'Edward Bunker (cinq âmes en peine décident de braquer la mafia), Gonin est bien plus qu’un des meilleurs heist-movie, c’est un authentique voyage au bout de la nuit dans un Tokyo apocalyptique. Le film brille, entre autres, pour son casting ; Takashi Kitano, fraîchement convalescent de son terrible accident de moto (ce qui explique le bandeau sur l’œil), en tueur implacable, sorte de prémisse à Anton Chigurh dans No Country for Old Men, Jinpachi Nezu en flic junkie, Naoto Takenaka en salary-man dépressif, Kippei Shiina en mac amoureux, Masahiro Motoki en gigolo arnaqueur en quête du véritable amour et Koichi Sato en cerveau malade du groupe. Oui, Takashi Ishii met en scène des personnages seuls qui cherchent un peu de douceur dans un monde de brutes.

1er Visionnage : Forum des Images.

A Homance
(Yusaku Matsuda - 1986) : En plus d’être le meilleur acteur du monde (en tout cas, pour moi), Yusaku Matsuda est un excellent cinéaste. Son seul tort est de n'avoir fait qu’un seul film. A Homance est le mélange improbable mais réussi du yakuza-eiga et du cyberpunk. Reprenant à son compte un manga de Caribu Marley et d’Akio Tanaka, dessinateur de Coq de Combat, Matsuda raconte une belle histoire d’amitié entre un mystérieux vagabond (qu’il incarne lui-même) et un jeune yakuza aux dents longues (joué par un jeune Ryô Ishibashi). Mais c’est surtout voir à quel point Matsuda aura inspiré Tsukamoto. Une mise-en-scène nerveuse qui trouve son acmé dans la course-poursuite finale. Matsuda, comme Charles Laughton (La Nuit du Chasseur), James William Guerico (Electra Glide in Blue) et Leonard Kastle (Les Tueurs de la Lune de Miel), aura réussi en un seul film ce que beaucoup de cinéastes prolifiques (tel Jess Franco) ont du mal à faire ; un aboutissement cinématographiique. Mais surtout, il aura réalisé le premier polar Néo-Romantique. 
 

1er Visionnage : VHS Japonaise louée sur Paris.


La suite plus tard...

Par Momotaro
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