Lundi 14 juillet 2008
En l'honneur du cycle organisé par Michael sur Wildgrounds, j'ai décidé de faire mon top 30 des films japonais. Etant donné la masse de travail, j'ai décidé de le découper en 6 parties de 5 films.
Attention, je tiens à préciser quelques détails. Ces films ne concernent que moi. Et surtout, j’ai pour principe de ne jamais citer qu’un seul film par réalisateur dans ce genre de liste…

Le Cimetière de la Morale (Kinji Fukasaku - 1975) : Le chef d’œuvre absolu ! Fukasaku récupère Watari, le Tokyo Nagaremono de Suzuki et radicalise son image de marginal. Dans un tokyo qui pense ses plaies, un yakuza seul et abandonné doit se faire une place au soleil dans un monde de brutes. Véritable accumulation de climax, tout en étant une peinture lucide d’un milieu proche de la destruction, Fukasaku réussi à raconter en un seul film ce qu’il a mis plusieurs volets avec ses Yakuza Papers ; toute la déliquescence du code d’honneur.

1er Visionnage : Forum des Images (un grand choc de cinéma !)

The Man who stole the Sun
(Kazuhiko Hasegawa - 1979) : Le film apocalyptique par excellence ! Véritable fourre-tout cinématographique (les Toku japonais, le thriller catastrophe, le polar urbain, la comédie politique), cet OVNI, scénarisé par le regretté frère de Paul, Léonard Schrader, préfigure de très loin le Fight Club de Palahniuk et de Fincher (en plus d’avoir été inspiré par le Tokyo Fist de Tsukamoto). Kenji Sawada, impressionnant en prof fan de Bob Marley (le grand icône de la rébellion à l'état brut), de Tetsuwan Atom (Astro Boy en VF) et de base-ball. Bunta Sugawara en super-flic et la plus que charmante Kimiko Ikegami. Un film qui se doit impérativement d’être vu !

1er Visionnage : Dvd Japonais sous-titré anglais.

The Beast must Die !
(Toru Murakawa - 1980) : Grand fan du grand Yusaku que je suis, il me fallait vous cité un film du duo Matsuda/Murakawa. J’ai choisi le plus abouti de leur collaboration (même si je suis un grand amoureux de la trilogie des Yugi). Véritable Taxi Driver japonais, The Beast est un voyage au bout de la nuit sinistre… Matsuda, ayant perdu une vingtaine de kilos pour le rôle, est totalement habité. On y croit à sa souffrance sur le front. Les longs plans-séquences vous foutent la chair de poule. La mise-en-scène de Murakawa est plus qu’exemplaire. Un véritable chef d’œuvre méconnu qui mérite d’être reconnu.

1er Visionnage : VHS Japonaise louée sur Paris.


Gonin
(Takashi Ishii - 1995) : Ancien mangaka devenu scénariste de Roman-Porno, Takashi Ishii réalisera enfin ses rêves de mises-en-scène avec d’abord Rouge Vertige, 5ème volet de la série des "Angel Guts". Puis, après six autres films où il raconte avec brio la condition de la femme dans sa relation avec la violence, il tourne Gonin avec pour parti-pris de ne prendre que des hommes dans le casting. Sous ses oripeaux de film mainstream, Ishii tourne un des films les plus noirs jamais réalisés. Reprenant le pitch de l’Ultime Razzia de Kubrick ou des Hommes de Proie d'Edward Bunker (cinq âmes en peine décident de braquer la mafia), Gonin est bien plus qu’un des meilleurs heist-movie, c’est un authentique voyage au bout de la nuit dans un Tokyo apocalyptique. Le film brille, entre autres, pour son casting ; Takashi Kitano, fraîchement convalescent de son terrible accident de moto (ce qui explique le bandeau sur l’œil), en tueur implacable, sorte de prémisse à Anton Chigurh dans No Country for Old Men, Jinpachi Nezu en flic junkie, Naoto Takenaka en salary-man dépressif, Kippei Shiina en mac amoureux, Masahiro Motoki en gigolo arnaqueur en quête du véritable amour et Koichi Sato en cerveau malade du groupe. Oui, Takashi Ishii met en scène des personnages seuls qui cherchent un peu de douceur dans un monde de brutes.

1er Visionnage : Forum des Images.

A Homance
(Yusaku Matsuda - 1986) : En plus d’être le meilleur acteur du monde (en tout cas, pour moi), Yusaku Matsuda est un excellent cinéaste. Son seul tort est de n'avoir fait qu’un seul film. A Homance est le mélange improbable mais réussi du yakuza-eiga et du cyberpunk. Reprenant à son compte un manga de Caribu Marley et d’Akio Tanaka, dessinateur de Coq de Combat, Matsuda raconte une belle histoire d’amitié entre un mystérieux vagabond (qu’il incarne lui-même) et un jeune yakuza aux dents longues (joué par un jeune Ryô Ishibashi). Mais c’est surtout voir à quel point Matsuda aura inspiré Tsukamoto. Une mise-en-scène nerveuse qui trouve son acmé dans la course-poursuite finale. Matsuda, comme Charles Laughton (La Nuit du Chasseur), James William Guerico (Electra Glide in Blue) et Leonard Kastle (Les Tueurs de la Lune de Miel), aura réussi en un seul film ce que beaucoup de cinéastes prolifiques (tel Jess Franco) ont du mal à faire ; un aboutissement cinématographiique. Mais surtout, il aura réalisé le premier polar Néo-Romantique. 
 

1er Visionnage : VHS Japonaise louée sur Paris.


La suite plus tard...

Par Momotaro - Publié dans : Top Liste
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